Le secrétaire général du ministère de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur François d’Assises Yaméogo à la tête d’une équipe de techniciens de son ministère et du ministère de la Sécurité a rencontré, dimanche 27 janvier 2018, à Bruxelles, les burkinabè établis en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Irlande et au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord pour échanger sur les missions du ministère mais aussi et surtout débattre des préoccupations de cette communauté relevant de l’ambassade du Burkina Faso à Bruxelles. L’information principale est que bientôt, une mission consulaire spéciale sera déployée à Bruxelles pour délivrer les nouveaux passeports biométriques et les Cartes nationales d’identité (CNIB) aux burkinabè de cette juridiction.

Cette mission consulaire spéciale composée de représentants de plusieurs départements ministériels sera bientôt à Bruxelles et certaines autres missions diplomatiques et consulaires du Burkina Faso à travers le monde pour délivrer en vingt-un jours les nouveaux passeports biométriques et les Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB) à la diaspora. C’est l’information livrée à la communauté burkinabè relevant de l’ambassade du Burkina Faso à Bruxelles ce dimanche 27 janvier 2019, par une mission du ministère de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur conduite par son secrétaire général, François d’Assises Yaméogo. Cette mission dans laquelle figurait le chef de la police spéciale de l’aéroport international de Ouagadougou, le commissaire Oumarou Inamin ainsi que le directeur général des Burkinabè de l’extérieur dudit ministère M. Michel Sawadogo est venue expliquer la politique mise en place par le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré en faveur de la diaspora. Cette politique, selon le secrétaire général a commencé par la création d’un ministère dédié à la diaspora lors du remaniement gouvernemental intervenu le 31 janvier 2018.

Ce ministère a entre autres pour missions d’établir un répertoire des Burkinabè de l’extérieur, d’élaborer une politique de gestion et de suivi des burkinabè de l’extérieur, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, de mettre en œuvre, en collaboration avec les ministères des Affaires étrangères, de l’Administration territoriale et la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les dispositions constitutionnelles portant sur la participation des Burkinabè de l’extérieur au processus électoral (au terme de la Constitution, les Burkinabè de l’extérieur participent uniquement aux élections référendaires et présidentielles, ndlr). Ce ministère a également compétence pour mettre en place un mécanisme d’encadrement des Burkinabè établis hors du territoire national en collaboration avec les ministères compétents mais aussi a pour rôle de définir et suivre la mise en œuvre de la politique d’immigration et d’émigration africaine, en liaison avec les départements de la sécurité, des affaires étrangères et du développement économique. Ce ministère a par ailleurs pour mission de protéger et de défendre les intérêts des nationaux burkinabè en collaboration avec les affaires étrangères.

Dès sa prise de fonction, le tout premier ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrébéogo s’est vite attelé à l’organisation du Forum national de la diaspora dont les conclusions pertinentes seront bientôt examinées en conseil des ministres avant leur mise en œuvre. A l’issue de cet exposé du secrétaire général, les préoccupations des burkinabè de cette juridiction ont été focalisées sur le dispositif mis en place pour l’établissement des documents administratifs dans les ambassades et consulats du Burkina Faso. Selon un des participants, la mère des documents pour celui qui vit à l’extérieur est le passeport, or, depuis quelques temps, les compatriotes éprouvent d’énormes difficultés pour se le faire délivrer dans des délais raisonnables et dans des conditions optimales.

Pour le secrétaire général du ministère en charge des Burkinabè de l’extérieur et sa délégation, depuis le 30 août 2018 en effet, notre pays est passé au passeport biométrique avec une puce électronique incorporée comportant diverses informations sur son détenteur. Et depuis cette date, 200 dossiers sont traités par jour ; exclusivement sur des demandes de passeports des burkinabè de l’intérieur. S’il faut ajouter, les dossiers de la diaspora qui transitent par les ambassades et les consulats généraux, il y a un travail énorme de production de passeports par l’Office nationale d’identification (ONI), a lâché M. Yaméogo.

Le secrétaire général a précisé que la mission à venir dénommée mission consulaire spéciale sera conduite par le ministère de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur à laquelle seront associés les ministères des Affaires étrangères, de la Sécurité, de la justice, de l’Administration territoriale et l’Office nationale d’identification (ONI).

Plusieurs équipes composeront cette mission et, en tout, elles sillonneront 24 pays à travers le monde. Elles auront pour principales tâches d’établir outre les nouveaux passeports biométriques, les certificats de nationalité burkinabè et bien évidemment les cartes nationales d’identité (CNIB). Ceux qui disposent des passeports actuellement en circulation pourront les remplacer par les nouveaux passeports biométriques même si leur validité court toujours.

La date de déploiement de ces missions sera fixée en conseil des ministres.

Les documents comme les passeports et les CNIB seront essentiels dans un proche avenir. Ils sont en effet, les seuls documents autorisés par le Code électoral pour d’abord se faire inscrire et être ensuite électeur lors des scrutins présidentiels et référendaires pour lesquels la diaspora burkinabè est désormais autorisée à voter.

«Il est envisagé de permettre à ceux qui disposent des anciens passeports de les renouveler même si leur délai de validité court toujours. L’idée ici étant de faire en sorte que tout le monde dispose du nouveau passeport biométrique et que le Burkina Faso, pour des raisons de sécurité aussi, mette rapidement fin à la circulation de ses passeports non biométriques encore en circulation», a indiqué M. Yaméogo, appuyé en cela par le commissaire Inamin.

Eviter les vrais-faux documents

La principale difficulté pour les Burkinabè de l’extérieur réside souvent dans la vérification de leurs dossiers afin d’en établir leur authenticité car, il arrive que certains disposent de vrais-faux documents liés à leurs conditions de migration. La délégation a vivement conseillé les compatriotes de ne pas tomber dans ce piège du faux pour ne pas décrédibiliser les documents administratifs de leur réputé comme étant l’un des plus sérieux en Afrrique voir dans le monde par la qualité et la fiabilité de ces documents administratifs.

Les burkinabè qui ont bravé les températures hivernales ont également posé des questions sur la politique gouvernementale en matière de lutte contre la corruption et la position de l’Etat vis-à-vis des groupes d’autodéfense dénommés Kôglwéogo.

La diaspora de l’ambassade du Burkina Faso qui couvre cinq pays à savoir les Royaumes de Belgique et des Pays-Bas, le Grand-Duché de Luxembourg, l’Irlande et le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord compte plus de 2000 âmes dont approximativement 800 personnes en Belgique, 500 aux Pays-Bas, 500 au Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord, 100 au Grand-Duché de Luxembourg et 100 en Irlande. L’ambassade envisage une opération de recensement afin de déterminer avec plus d’exactitude leur nombre.

Cette communauté très dynamique, majoritairement jeune compte parmi elle, des enseignants, des fonctionnaires internationaux, des salariés de tous secteurs confondus, des hommes d’affaires, des étudiants. Elle compte également de nombreux binationaux. Les Burkinabè sont souvent organisés en association dans leurs pays d’accueil comme l’Association des Burkinabè de Belgique (ABB), l’Association des Burkinabè du Grand-Duché de Luxembourg, le Burkina Faso Community in United Kingdom (BFCUK) en Grande-Bretagne, l’Association «Faso Yelé» pour les Burkinabè des Pays-Bas. Les Burkinabè d’Irlande travaillent à asseoir leur structure associative, a précisé l’ambassadeur du Burkina Faso à Bruxelles, S.E. Mme Jacqueline Marie Zaba/Nikiéma.

Ambassade du Burkina Faso à Bruxelles
Mission auprès de l’Union européenne